Les Histoires de Cérédys

1. Un monde presque ordinaire...

 

 

Il y a fort longtemps, la grande île de Wardenfell, dans le royaume de Morrowind, fut le théâtre d'évènements graves et troublants qui faillirent changer la face du monde si un héros ne s'était élevé contre les forces obscures à l'oeuvre dans les tréfonds des montagnes cendrées _ terres arides et balayées en permanence par des tempêtes charriant les cendres rougeoyantes du volcan _ au centre de l'île. Heureusement qu'il se trouve toujours un gadjo auquel on peut faire croire qu'il est investi d'une mission divine et qui met toujours beaucoup d'enthousiasme à traverser le monde en long en large et en travers à la recherche de la puissance et de la légitimité qui lui permettra de faire le sale boulot à la place des autres : tuer le(s) méchant(s).

L'île de Wardenfell était un monde très ancien, qui comptait quelques millénaires d'histoires et d'Histoire. Parmi les habitants les plus antiques, on trouvait les dwemers, nom donné par les elfes locaux aux nains locaux. Les Dwemers, comme toutes les personnes de petite taille qui se respectent depuis les Nibelungen, étaient maîtres dans l'artisanat de toutes matières brutes : pierre, métaux, pierres précieuses. Bien qu'ils eussent disparu des siècles plus tôt, il restait sur l'île de Wardenfell quelques vestiges de leur passage : cités en ruines ou artefacts.

Nous avons évoqué les elfes locaux : ceux-là aussi avaient beaucoup changé. On raconte qu'à la suite d'une malédiction divine, le soleil les avait brûlés, que leur peau s'était assombrie, prenant une teinte bleu sombre, tirant parfois sur le gris, et qu'ils avaient chopé les yeux rouges. Certains récits donnent une toute autre version de cette transformation des elfes de Wardenfell : par crainte d'une nouvelle canicule, le gouvernement royal de Morrowind s'était équipé en crème solaire et en lentilles anti-UV auprès de spécialistes d'une guilde de Mages, dans le but de protéger sa population. On devine la suite : des effets secondaires indésirables et des stocks en surplus. Un ministre aurait alors dit : "tiens, les elfes sont nombreux en Wardenfell, on n'entend pas trop parler de ce coin-là, il y fait souvent chaud, surtout avec leur volcan, y'a qu'à leur vendre les stocks". La proposition aurait été adoptée à l'unanimité. Mais la source de cette fable qu'on peut lire dans un ancien article du Kagouti sauvage n'est pas fiable.

J'ai parlé de guilde de Mages : c'est que la magie était courante en Morrowind, elle avait été transmise par les anciens dieux, ceux de Wardenfell, appelés Daedras. Tout ce qui relève des Daedras est logiquement appelé daédrique, qu'il s'agisse d'objets, d'armes ou d'armures. Malgré le demi oubli dans lequel était tombés les anciens dieux, tout ce qui sonnait comme du daédrique était fort convoité en raison de son potentiel magique et de la puissance qu'il était susceptible d'octroyer. Parmi les dieux daédriques, citons-en quelques-uns, de la première génération : Boéthia, déesse connue pour avoir couché avec 99 amants avant d'engendrer la grande Almalexia ; Molag Bal, qui lui aurait tenu la chandelle pendant ce temps-là _ et il parait que c'était assez long et que ça l'aurait rendu mauvais ; Shéogorath, dont on ne sait plus trop bien les liens de parenté, mais connu pour ses coups de folie comme d'envoyer des aventuriers naïfs tuer des Netchs géants à la fourchette. Un netch est une bestiole typique de Wardenfell, une sorte de méduse géante qui flotte dans les airs, flasque pour la femelle et à carapace pour le mâle. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : la femelle est bien plus agressive et dangereuse que le mâle malgré son apparence molle.

Puisque nous sommes dans le bestiaire, citons quelques animaux du cru, comme les kagoutis, grosses bêtes à la peau dure de tricératops et à l'allure de tricératops. Ils sont particulièrement agressifs et voraces en période de reproduction. Ils ont des cousins herbivores dans les guars, que certains apprivoisent pour en faire des bêtes de somme. On trouve des reptiles volants, les braillards, qui ont la faculté de pourrir tous les voyages à pied, surtout quand on est un aventurier, car ils sont en grand nombre et n'hésitent pas à attaquer où qu'on soit. Les échassiers des marais servent de transport en commun en Wardenfell.

Quelques bestioles moins naturelles vivent aussi en Wardenfell, créatures des Daédras : les Saintes dorées, les galopins, les Drémoras, les faucheclans, les Ogrims, etc... On peut faire plein de choses avec leurs dépouilles qui conservent elles aussi un fort potentiel magique.

On trouve ces créatures essentiellement à proximité des anciens sanctuaires daédriques, lieux de culte des Daédras, qu'on reconnait à leur formes torturées et volutes extravagantes, à leur teintes aubergine, et à leurs noms à coucher dehors : si vous commencez à douter de votre capacité à l'articulation et/ou à la lecture, soyez sûr qu'il s'agit de daédrique. Quelques exemples :  Ashurnibibi, Assurdirapal, Ihinipalit, Assurnabitashpi... Quoique chez les dwemers, on a aussi de l'imagination en matière de noms : Arkngthunch-sturdumz, mais ça doit ressembler à un bruit de forge comme il convient au peuple nain.

A propos de sanctuaires daédriques, une académie de mages ultra-secrète avait élu domicile dans l'un d'eux, répondant au doux nom d'Acucurbitassinaripal-Poilaubral, et formait les sorciers et sorcières les plus illustres et les plus puissants de tout Morrowind. Disons qu'ils avaient de la ressource. Notre héroïne, dont nous ferons prochainement connaissance, était justement issue de cette académie secrète et bien sûr ses années d'apprentissage allaient se révéler fort précieuses au cours de ses aventures.

Mais n'anticipons pas.

 

 

Chapitre suivant...

 



21-06-2010 | 200 vues

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Commentaires


Sechat
site/blog
le 30-06-2010 à 11:59:57
Bonjour,

Merci de ta visite sur mon blog. Celui-ci est très joli, j'aime beaucoup la décoration bleu nuit.

Je découvre ton histoire, dans un pur style de fantasy. C'est quelque chose que j'aime bien.

A bientôt! Amitiés.

Séchât.
Cérédys
le 30-06-2010 à 14:30:48
Merci Séchât, c'est très gentil.
Cette histoire-là est totalement parodique. J'en ai deux beaucoup plus longues et "sérieuses" sur le chantier (j'ambitionne carrément le roman feuilleton, ce qui serait une première pour moi qui n'ai encore jamais réussi à écrire un roman jusqu'à la fin !), mais je n'ai pas encore commencé à les mettre en ligne car pas suffisamment mûries ni avancées.
A très bientôt, avec plaisir
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