12. Chercher encore un titre
Iannanis s'approcha donc de la maison du gardien, aperçut une fenêtre défoncée, ralentit prudemment le pas en devinant une légère lueur qui venait de l'intérieur, fit le tour du bâtiment, et trouva la porte fermée.
"Mmh", fit-elle, "quelqu'un serait-il passé avant moi ?"
Elle revint à la fenêtre, l'enjamba en pensant que vraiment cette manière de défoncer les vitres n'était pas du travail de pro _elle avait encore failli déchirer sa combinaison_ et entra dans une pièce assez sombre, éclairée seulement par les restes d'un feu dans la cheminée.
C'est à ce moment que Iannanis prit conscience du désordre ambiant. Des livres jonchaient le sol, certains en partie consumés dans l'âtre, quelques bibelots renversés, et une grande bibliothèque fracassée gisaient au milieu de la pièce.
"Quelqu'un m'a prise de vitesse, c'est sûr, mais pourquoi ce saccage ?"
Tout en réfléchissant à cet épineux mystère, et en se disant qu'il était hors de question qu'elle range le bazar, son intuition la mena au mur masqué par la bibliothèque quand celle-ci était encore debout. Elle y découvrit un petit renfoncement, avança la main, sentit une fine poudre sous ses doigts.
"A la texture, ce doit être du sucre de lune... Mais il n'y a pas de sachet... Peut-être qu'après tout les cambrioleurs ne cherchaient que des produits de contrebande"
Iannanis pensait tout haut car elle avait horreur de se taire.
Toujours à tâtons, elle chercha si ce renfoncement ne recelait rien d'autre, par hasard, et tomba sur un os.
Un os ?
Parfaitement. Et plus précisément l'os inférieur de la mâchoire d'un hominidé. Elle tira dessus. L'os résista. Elle tira plus fort. L'os résista plus fort. Elle s'encouragea de la voix :
"Tu vas venir, sale carne !"
L'os répondit :
"C'essui qui dit qu'y est !"
Iannanis enchaîna sans se démonter :
"C'est ce qu'on va voir... "
Elle s'acharna, secoua l'os dans tous les sens, et en y mettant toutes ses forces, elle finit par arracher le ré-cal-ci-trant avec un bout de mur, car par principe elle ne faisait jamais rien à moitié. Le petit renfoncement était très nettement élargi, mais on y voyait plus clair. Il yavait un tas de gravas aux pieds de Iannanis.
"J'espère que je n'ai pas trop sali mes chaussures."
"Quand je pense qu'il suffisait de me baisser pour ouvrir le clapet !"soupira la mâchoire qui ajouta :
"On t'a jamais appris à te servir d'une poignée ?"
"Et toi à ouvrir ou fermer le clapet à bon escient ?"
Et Iannanis lâcha la mâchoire qui tomba à terre et la pulvérisa en l'écrasant sous son talon.
"Au clapet ré-
"Mmh", fit-elle, "quelqu'un serait-il passé avant moi ?"
Elle revint à la fenêtre, l'enjamba en pensant que vraiment cette manière de défoncer les vitres n'était pas du travail de pro _elle avait encore failli déchirer sa combinaison_ et entra dans une pièce assez sombre, éclairée seulement par les restes d'un feu dans la cheminée.
C'est à ce moment que Iannanis prit conscience du désordre ambiant. Des livres jonchaient le sol, certains en partie consumés dans l'âtre, quelques bibelots renversés, et une grande bibliothèque fracassée gisaient au milieu de la pièce.
"Quelqu'un m'a prise de vitesse, c'est sûr, mais pourquoi ce saccage ?"
Tout en réfléchissant à cet épineux mystère, et en se disant qu'il était hors de question qu'elle range le bazar, son intuition la mena au mur masqué par la bibliothèque quand celle-ci était encore debout. Elle y découvrit un petit renfoncement, avança la main, sentit une fine poudre sous ses doigts.
"A la texture, ce doit être du sucre de lune... Mais il n'y a pas de sachet... Peut-être qu'après tout les cambrioleurs ne cherchaient que des produits de contrebande"
Iannanis pensait tout haut car elle avait horreur de se taire.
Toujours à tâtons, elle chercha si ce renfoncement ne recelait rien d'autre, par hasard, et tomba sur un os.
Un os ?
Parfaitement. Et plus précisément l'os inférieur de la mâchoire d'un hominidé. Elle tira dessus. L'os résista. Elle tira plus fort. L'os résista plus fort. Elle s'encouragea de la voix :
"Tu vas venir, sale carne !"
L'os répondit :
"C'essui qui dit qu'y est !"
Iannanis enchaîna sans se démonter :
"C'est ce qu'on va voir... "
Elle s'acharna, secoua l'os dans tous les sens, et en y mettant toutes ses forces, elle finit par arracher le ré-cal-ci-trant avec un bout de mur, car par principe elle ne faisait jamais rien à moitié. Le petit renfoncement était très nettement élargi, mais on y voyait plus clair. Il yavait un tas de gravas aux pieds de Iannanis.
"J'espère que je n'ai pas trop sali mes chaussures."
"Quand je pense qu'il suffisait de me baisser pour ouvrir le clapet !"soupira la mâchoire qui ajouta :
"On t'a jamais appris à te servir d'une poignée ?"
"Et toi à ouvrir ou fermer le clapet à bon escient ?"
Et Iannanis lâcha la mâchoire qui tomba à terre et la pulvérisa en l'écrasant sous son talon.
"Au clapet ré-
Au clapet -cal-
Au clapet -ci-
Au clapet -trant..."
Elle reprit sa fouille du désormais large trou. Elle en tira une poterie qui ressemblait d'assez loin à un vase et portait un fine inscription : "Soisson-Fait à l'Atelier des Artistes du Dimanche le 18 Ondepluie. Pour Maman." Iannanis regarda dans le pot. Il y avait des restes de cendres au fond. Peut-être celles de la Mère Soisson. Elle retira cependant du vase une clé, qui avait tout l'air d'être une clé daédrique, et quelques feuilles roulées qui portaient le titre suivant : "Soisson, gardien du Domaine Oscillococcynum-Aatch'haaa, Mes Mémoires."
Bon, c'était encore de la lecture en perspective.
Soudain, Iannanis sentit une présence derrière elle. Etait-ce un bruit, un souffle, un mouvement qui l'avait alertée ?
Toujours est-il qu'elle se retourna lentement, très lentement, tous les sens en éveil.
"HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII..."
Elle venait de voir un corps affalé dans le grand fauteuil, la bouche béante...
Elle reprit sa fouille du désormais large trou. Elle en tira une poterie qui ressemblait d'assez loin à un vase et portait un fine inscription : "Soisson-Fait à l'Atelier des Artistes du Dimanche le 18 Ondepluie. Pour Maman." Iannanis regarda dans le pot. Il y avait des restes de cendres au fond. Peut-être celles de la Mère Soisson. Elle retira cependant du vase une clé, qui avait tout l'air d'être une clé daédrique, et quelques feuilles roulées qui portaient le titre suivant : "Soisson, gardien du Domaine Oscillococcynum-Aatch'haaa, Mes Mémoires."
Bon, c'était encore de la lecture en perspective.
Soudain, Iannanis sentit une présence derrière elle. Etait-ce un bruit, un souffle, un mouvement qui l'avait alertée ?
Toujours est-il qu'elle se retourna lentement, très lentement, tous les sens en éveil.
"HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII..."
Elle venait de voir un corps affalé dans le grand fauteuil, la bouche béante...
